Comme tout rêve ou cauchemar, je ne sais pas trop où et comment mon rêve/cauchemar commence.
Je vois juste qu'on est vendredi, et que je pars du taf, dans lequel je bosse dans une pièce isolée, pour une grande surface. Genre Auchan.
Une semaine s'est écoulée, durant laquelle je n'ai rien foutu, et il va falloir l'expliquer à mon chef de SSII, la semaine prochaine.
Mais genre, rien foutu en mode, je n'ai même pas ouvert le portable sur lequel je reçois des mails. Je n'ai donc pas vu le milliard de mails qu'on m'a envoyé, hein... Non, j'ai avancé sur d'autres choses plus perso, genre mon roman.

Sauf que... A la sécurité, en sortant, on m'arrête. Je dois me rendre immédiatement dans un bureau, où une partie de la direction m'attend, étant donné que je n'ai pas ouvert mes mails de la semaine, et que je n'ai pas daigné répondre aux appels à l'aide sur mon programme qui est déployé (et qui n'ayant pas été testé auparavant, ne marche pas, et a tout fait planter...).
Putain, une semaine sans ouvrir ma boite mail... Mais merde, qu'est ce que j'ai foutu ? Comment vais-je pouvoir expliquer ça à ma hiérarchie, moi qui passe ma vie dans ma boite mail ? Je cherche des excuses... javais des problèmes de connexion, j'avais perdu le chargeur... j'y ai pas pensé... 

Je me rends donc au bureau en question, mais ne le trouve pas... Perdu dans un dédale de bureaux. Je tente donc une nouvelle fois de sortir, mais un caissier me chope... "hey toi, tu t'en vas pas, tu vas au coin, le temps qu'on vienne te chercher... Tu t'as pas t'en sortir comme ça".
Au coin. A mon âge... Un caissier qui me demande ça... Mais putain merde, s'ils avaient fait leur taf correctement, ils auraient pas déployé mon taf en prod, sans déconner...
Oh putain, mon commercial va me tuer... Peut-être même qu'il va me mettre à la porte, et ça sera la descente aux enfers... Le chômage, ma nana qui partira avec le bébé, l'alcool, les putes, TPMP, et enfin la rue. Dans 1 mois, je quémanderai de la thune, en disant "bonjour, une petite pièce ? merci bonne journée", au pied des galeries lafayette pour avoir de quoi m'acheter un burger au mac do du coin, et de la drogue pour oublier que je suis une merde.
Toujours à attendre au coin à m'imaginer mon avenir, personne ne vient me chercher, le caissier m'indique donc une nouvelle fois, où je dois me rendre... ça ressemble à la gare de Lyon.
Mais par chance, quelque chose me tire de mon sommeil, c'est bébé, bébé qui pleure parce qu'il a faim et que maman est en train de faire chauffer le biberon à côté.
Il est 4h du mat.

J'hésite à refermer les yeux, par appréhension de retomber dans ce rêve, ce cauchemar, de mon inconscient qui me rappelle que la semaine précédente, je n'ai rien branlé.
Alors certes, c'était un peu particulier... Mardi j'ai décidé que mercredi je resterai à l'appart pour aider maman à ne pas péter un câble, et puis jeudi j'avais déjà posé ma journée pour accompagner maman amener bébé à sa visite des 3 mois et demi. Semaine de 2 jours, se terminant par une petite journée, un vendredi, coupé par une activité sportive entre midi et deux avec mes collègues de taf nous faisant revenir à 14h30... Pour un départ à 17h... "oh, sérieusement, je vais vraiment me mettre à taffer à cette heure ci ? Seriously ?"
En plus, je bosse en ce moment sur un truc en mode "R&D", comprenez recherche et développement, on teste des trucs sans vraiment préciser ce qu'il faut tester, parce qu'un besoin peut "peut-être tomber" à ce sujet. Mais rien n'est moins sûr.
Je déteste ce genre de projets où il faut faire des tests un peu au hasard.
Et puis en plus, la semaine passée j'avais mon objectif à atteindre pour finir mon roman avant la fin du mois : 10 pages par jour. Ah ah. Avec mes 2 jours de congés, autant dire que je suis passé à côté de mon objectif, et ce même si j'ai bien avancé.
Sauf que voilà, il fallait dire à mon collègue/supérieurvitefait/leadsurceprojetdeR&D mon avancement : "ouais, j'ai pas réussi à trop avancer. 3 jours que j'ai récupéré du code extérieur, et un des 2 projets ne fonctionne toujours pas sur mon poste (lorsque je le compile/l'exécute)."
Il a voulu se lever pour m'aider, mais c'était l'heure de partir, plus tôt le vendredi pour que "maman" puisse faire un peu de sport, depuis le temps qu'elle en rêve... "On verra lundi".

Je suis parti la queue sous le bras, sachant pertinemment que le week-end allait être dur parce que mon inconscience me ramènerait tôt ou tard, ce moment où comme la fourmi, j'ai fait de la merde au lieu de tafer. Le résumé de ma vie. 

Ce matin, mon code marchait, parce que je m'y suis mis vraiment.
C'est donc fièrement que je l'ai annoncé à mon collègue, qui a semblé content.

Par contre, une chose est sûre. Enfin 2 à vrai dire :
- mon roman dans sa 3ème mouture ne sera jamais terminé avant la fin du mois...
- bébé qui fait ses dents, et qui fait flipper parce qu'il respire mal (je parle pas du traitement pour le nez qui nous donne l'impression de le torturer/noyer à chaque fois qu'on lui donne...), bref tout ça, ça rend pas la vie facile.


Est ce que de faire un bébé en étant un grand angoissé (en couple avec une grande angoissée) était une bonne idée ? ...

Je vous laisse méditer sur cette question.
Bon lundi.