J'ai mis mon blog sur un bûcher. 
Ce blog était bien plus qu'un simple recueil de mots, il s'agissait de 6 ans de ma vie, condensé anonyme de mes joies et surtout de mes peines. 
J'ai convié au spectacle tous les voyeurs qui avaient suivi mon exhibition tout ce temps durant.

J'ai allumé le bûcher. 
J'ai vu mon blog partir en fumée. 
Intérieurement, j'étais effondré, mais il le fallait. 
C'est important de savoir tourner des pages dans la vie, d'être capable de dire "maintenant cette histoire, cette partie de ma vie appartient au passé".

Une fumée noire a commencé à s'élever dans le ciel. 
J'ai invité tous les voyeurs à rejoindre spirituellement cette fumée, à la garder bien en vue, à prier pour elle, à continuer à croire en elle. 
Mais tous ces gens, cachés sous leur capuche les rendant totalement anonymes se sont dispersés les uns après les autres, sans se retourner, sans m'adresser le moindre regard, la moindre compassion. 
Sans avoir lâché le moindre mot. 
"Un blog de moins. So what ? "

Il est loin, le temps des premières heures du 2.0, où les blogs étaient chaque jour un peu plus nombreux. A cette époque, tout le monde s'improvisait bloggeur, et les gens s'exposaient, toujours derrière un anonymat plus ou moins crédible. 
Il est loin ce temps, et moi je suis devenu vieux, vieux con à dire à qui veut bien l'entendre "c'était mieux avant". 
L'apogée de l'ère du nombrilisme était sur le point d'arriver... 
L'ère où tout le monde se suit, où tout le monde se like mais ou personne n'écoute. 
L'ère où il faut être liké pour avoir l'impression d'être en vie. 
Ce moment où plus tu as d'amis sur FB moins tu as d'amis IRL.

Et me voilà. A vouloir une fois de plus écrire sur mon nombril. 
Partager mes joies, mes peines. 
M'exhiber.
Raconter ma vie. Une nouvelle fois. 
Tout recommencer. 
Dompter canalblog, encore. Accrocher des lecteurs. Egalement. 
Identifier une ligne éditoriale, sans doute le plus dur. Que raconter, et que faut il que je garde pour moi. 
J'ai fermé mon ex blog car je ne voulais pas que maintenant ayant un pied (que dis-je un orteil) dans ce monde où je peux être amené un jour (ou pas) à être connu, des articles puissent me faire défaut. 
Et j'en rouvre un.

Parce que je crois qu'écrire est pour moi une maladie. 
Et que je n'en ai pas encore trouvé le remède.

 

(pour me joindre : 36ansbientot40 at gmail point com)