Hier c'était ma toute première fois. 

Ma première séance de dédicaces au salon du livre de Paris. 
 

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Je fais souvent la comparaison entre la musique et l'écriture, et une fois de plus une séance de dédicaces est dans la continuité de cette comparaison. 
Je pourrais comparer ça à un premier concert. 

 

Tout comme à un concert, j'ai fait beaucoup de comm auparavant, afin de prévenir un maximum d'amis, et d'inconnus. Merci Twitter, merci Facebook, et d'autres sites spécialisés dans la thématique des livres. 

 

Comme un concert, l'entrée était payante. Bien trop élevée selon moi. Mais je n'ai pas vraiment eu mon mot à dire. 

 

Comme un concert, on m'attendait à l'heure précise. Une affiche avait été posée dans laquelle mon horaire de dédicaces était précisé. 
Je suis arrivé, j'ai découvert les lieux, comme lorsqu'on découvre le bar dans lequel on a joué. 

 

Puis est venu mon heure. Je me suis installé, passant de l'autre côté du stand. 
Montant sur scène. 
J'ai branché guitare, et chauffé mon poignet. 

 

Durant un concert, on déroule un certain nombre de titres qu'on a répété 100 fois auparavant. C'est sûrement la plus grosse différence. 
Là, on attend. On attend qu'une personne daigne s'arrêter. On traque le regard de toutes personnes passant dans les allées, regardant l'affiche, effleurant le livre. 
Et on se souvient que je ne suis qu'un auteur de plus dans un lieu où il doit presque y avoir autant d'auteurs en dédicaces que de visiteurs. Ok j'exagère un peu. 
Je me sens un peu comme si j'étais à la fête de la musique, avec Lenny Kravitz jouant à côté de mon petit bar, les gens sont venus avec un but précis, ce n'est pas le mien. 

 

Comme à un concert, je pense à tous ces gens qui avaient dit "Tu joues à côté de moi je viendrais c'est sûr !". 
Et puis une fois le moment arrivé, l'un envoie un SMS. 
L'autre sur la page FB me demande "c'est à quelle heure ? "
C'est à l'heure qui a été écrite, et répété un peu partout. "ça risque d'être juste niveau timing si tu finis à 16h". 
Pas de soucis je suis arrangeant ! "Je reste un peu plus tard. Vous pensez passer vers quelle heure ? ". A ce moment, la vérité devient évident "En fait on avait zappé et on avait pas prévu de passer". 
Je repense à tous ces potes super entrain à l'idée de passer m'écouter chanter, et qui s'effacent au moment de passer parce qu'il pleut dehors, parce qu'il y a du foot à la télé ou parce que mamie a un rhume. 
Vient la première dédicace. Equivalente au premier compliment d'après concert... 
Je transpire à grosses gouttes en lui demandant d'épeler son nom. Je ne sais quoi écrire. Je sais que ce moment restera gravé à jamais dans ma mémoire. Je n'ai pas de texte tout près à rédiger. La future lectrice me regarde, amusée, tremblant à chaque mot, essayant de ne faire aucune faute. 

 

L'éditrice me félicite après se premier baptême du feu. ça y est, je suis devenu grand. 

 

8 dédicaces en 4 heures, soit 2 par heure. C'est long, mais ça reste une moyenne tout à fait acceptable pour une première fois. 

 

Il est l'heure de rentrer. Je ne souhaite même plus batifoler devant les autres stands, je suis émotionnellement vidé. Beaucoup trop de premières fois, d'attentes, de petits bonheurs (lorsque quelqu'un me dit qu'elle est passée hier mais est revenue aujourd'hui car l'auteur serait là) et de grandes frustrations (toutes ces personnes qui s'arrêtent juste devant les couvertures du rayon SF, pas du tout prête à acheter mon genre de livre...). 
J'ai l'impression d'être au bout de ma vie. 

 

Ma copine est enchantée de ce bilan. "De toute façon, envisages tu vraiment de devenir un jour un auteur célèbre ? est ce que c'était ton but lorsque tu as écrit ce livre ? "
Je ne sais pas. 
Le boulot le lendemain m'a rapidement ramené à la réalité. 
C'est la 2ème fois que je ne touche aucune augmentation, comme 25% de collègues, là où les actionnaires se gavent. 
Si je n'étais pas aussi bien dans ma planque... je crois que j'aurais envie de devenir un auteur célèbre.