Ce week-end a été familial, et comme souvent pendant les bons moments, il a été trop court.

Un passage éclair dans la belle-famille qui nous a permis de montrer bébé à tout le monde. Une de mes belles-soeurs, que je pensais en mode "éternel enfant/syndrome de peter pan" aux vues de son pass "annuel" eurodisney (et de son énorme collection de goodies Walt Disney) m'a posé des questions très précises sur ma nouvelle vie de papa.
Etant plus jeune que moi, j'ai bien évidemment fait mon curieux, et ce même si je sais que c'est parfois très indiscret, mais je pensais que la réticence (à avoir un bébé) venait d'elle alors qu'en fait il semblerait que ça vienne de lui : "il n'est pas prêt (l'est on un jour ? => spoil, la réponse est non. Ou peut-être pour le deuxième, mais pour le premier on est jamais prêt) et préfère profiter encore un an ou deux, ou plus (à voyager par exemple)".

J'ai fait une longue tirade que j'ai voulu la plus objective possible (ce qui est juste impossible), et ce qui m'amène à écrire cette note, que j'ai sous le coude depuis un petit moment : "ces couples qui ne souhaitent pas devenir parents".

Bon alors déjà, je t'entends dire "il va encore chier sur les gens", non non, pas du tout, les couples qui veulent pas devenir parents grand bien leur fassent, ils font ce qu'ils veulent.

Je suis moi-même passé de l'autre côté du miroir il y a quelques mois maintenant.
Théoriquement, si mon "plan de vie" s'était déroulé sans accroc, ça aurait du se faire il y a 8 ans, à l'approche de ma trentaine. Sauf que voilà, ça s'est pas vraiment passé comme prévu... (comme souvent dans la vie)
Après plusieurs années de vie en commun, un appart fraichement acheté à 2, j'ai eu des doutes, et après une vérification de son téléphone, ils se sont avérés être justifiés. Après cette séparation douloureuse j'ai perdu 2 ans de ma vie dans une autre histoire tout aussi douloureuse, avant de me stabiliser. Nous avons passé un an à nous jauger et puis elle est venue vivre avec moi, avant qu'on ne trouve l'emplacement idéal pour vivre à deux, avec pour objectif que deux devienne trois.
Et là une fois de plus, ça ne s'est pas vraiment passé comme prévu... On a perdu 2 ans avant que dame nature ne finisse par nous concéder notre bébé.
Bilan des courses ? 8 ans de perdu (et beaucoup de sang mais ça c'est une autre histoire).
Et 8 ans, ça se sent niveau énergie, patience, et lorsque le gamin a 20 ans, vous le sentez d'autant plus. Parole d'un enfant dont le papa avait 42 ans lorsqu'il est né, et qui est parti à ses 73 ans...

Voilà à côté de ça, toutes ces années durant on en a bien profité (avant de devenir parent donc). On a beaucoup voyagé. Lorsque mon emploi du temps (de sportif et de zicos) le permettait on se faisait parfois des sorties improvisées, au cinéma, au théâtre, à un concert, on décidait à l'arrache. ça, et tant d'autres choses font maintenant partie du passé : par exemple de regarder quelque chose à deux le soir, sans qu'elle ne s'endorme au bout de 2 minutes. 
Un peu comme la liberté, c'est au moment où on te prive d'un truc primordial et évident (lorsque tu vas en prison par exemple) que tu te rends compte à quel point cet élément quotidien était vital. Bon ça marche aussi lorsque tu te défonces un doigt de pied ou que tu te pètes un doigt (genre un auriculaire bien inutile).

Les souvenirs de la vie d'avant, le côté spontané, désorganisé et pouvant varier d'un jour à l'autre, tu le découvres au moment où ton emploi du temps se décalque sur le rythme de vie de bébé, et là tu te dis : putain, cette vie d'avant, elle envoyait.
Fini les restaurants en veux tu en voilà, fini les sorties décidées au dernier moment, chez les potes ou au cinéma, fini tout ça... Parce que déjà on a pas de nourrice (ni de maman à proximité) et de deux parce qu'on a juste plus de thunes, et que chaque activité "sans bébé" s'additionne d'une heure (voire deux ou trois) de nourrice (que de toute façon on a pas parce qu'on n'a pas de thunes pour en choisir une). Fauchés comme les blés nous sommes. J'ai rarement été aussi souvent dans le rouge, et mes comptes d'épargne se vident à vue d’œil. Chaque voyage en train devient juste impossible lorsqu'on voit que pour un simple week-end, il est nécessaire de bourrer la totalité d'un coffre de 308.
Je repense à cette prise de conscience collective comme quoi si tout de suite on ne fait rien au niveau du climat, dans 10 ans on va prendre super cher : et faire un bébé pollue (j'ai déjà du en parler dans un autre sujet, non ? ). Ben ça pollue aussi pour ça, parce qu'un déplacement de bébé sans voiture est compliqué (avec aussi, c'est juste un poil moins compliqué).

Mais au delà de ça, voir la chair de sa chair évoluer, vous sourire lorsqu'il vous voit après une journée de taf, ça n'a juste pas de prix. L'entendre chouiner des heures sans savoir pourquoi non plus d'ailleurs.

Je le répète donc : "les couples (en âge d'avoir des enfants) qui choisissent de ne pas en avoir, ou peut-être plus tard je sais pas" font bien ce qu'ils veulent.
Juste, perso je les comprends pas.

 

Il y a peu, j'ai tenté de correspondre avec une "bloggeuse influente". Je la sais en couple avec quelqu'un qui publie 10 fois par jour des tweets affiliés dans lesquels il raconte acheter quotidiennement 2 à 3 trucs de geeks (aussi inutiles que des gadgets obligatoirement nécessaires). Je l'imagine nouer le dialogue : "dis, lorsque t'auras fini de commander tes merdes qui s'entassent dans le salon, et si on faisait un gamin ? "
"Ah oui mais non, parce que j'aurai plus de thunes pour m'acheter plein de trucs aussi inutiles qu'indispensables après (dont le dernier iPhone, parce que je t'emmerde, j'aime acheter un iPhone tous les 6 mois, c'est comme ça TG t'es mignon) ! Et puis je pourrais plus shooter des nanas à droite à gauche en photo, j'aurais plus de temps, et comment bébé le prendrait-il ? Non. Restons en aux chats, c'est mieux".
Mon premier contact après avoir dévoré son blog a consisté à lui envoyer un message (à cette bloggeuse donc) de ce sujet, me référant à ses notes où elle parlait de ses désirs de maternité, et je lui expliquais que ça changeait la vie, et que j'espérais et lui souhaitait que ce soit pour bientôt (elle attaquait la trentaine sur cette note en question).
Elle n'a pas répondu.
Peut-être était-ce trop personnel ? Peut-être était-ce car elle aimerait bien mais lui non mais ils s'aiment alors elle en parle pas. Peut-être qu'elle ne répond jamais et se sent starlette en faisant ça, peut-être que je ne suis pas assez influent, peut-être juste a t elle mal pris le fait que je l'ai stalké auparavant (mais bon, lorsqu'en 3 clics il est possible d'accéder à l'identité sans trop chercher, à un moment faut assumer hein...), lui précisant qu'on venait du même quartier.
Par rapport au projet "bébé", peut-être l'un ou l'autre ou les deux sont ils stériles, et que ça les peine. Je ne sais pas, ils ne me l'ont pas dit, mais c'est mon blog et je me permets de les juger malgré tout (on s'en fout c'est anonyme non ? et puis traite moi de connard si tu le souhaites, c'est ton droit aussi après tout) : je ne comprends toujours pas son putain de silence (et les gens qui m'ignorent ça a le don de me rendre totalement dingue).

Une autre amie, une vraie connaissance IRL, elle, m'a dit qu'elle n'en voulait pas : "je ne veux pas de bébé parce que mon mari n'en veut pas. Alors vu que je l'aime, j'assume, je n'en veux pas non plus. Du coup on a pris un chien ! "
Si les gens qui battent les animaux ou s'en débarrassent au bout d'une laisse me rendent dingue, ceux qui comparent la présence d'un bébé ou d'un partenaire à celle d'un animal... Me laissent coi. Ses photos sur Insta ne sont que des photos de son chien (la réplique parfaite de Stitch), et elle les poste comme si c'était son bébé, parce qu'elle n'en veut pas de ce bébé, "par amour".
Je prie pour que jamais elle ne se réveille après la fin de ce mariage bizarre (dans lequel monsieur est bi et va parfois voir ailleurs) en se disant "merde, en fait j'en veux un quand même mais zut, c'est trop tard... ".

Attention hein, je ne parle pas des célibataires qui galèrent déjà pour avoir un mec ou une meuf, eux c'est encore différent (quoi que mesdames les célibataires, vous êtes obligées de vous acheter un chat lorsque votre célibat dépasse un an ? parce que bon, dans le genre éternel célibataire, hein...), ils n'ont pas le "matos" pour faire un gamin, non je parle bel et bien des couples qui peuvent, mais qui ne veulent pas (j'exclue donc les couples qui ne peuvent pas, parce que ça prend pas où que ça prend mais que ça tient pas, ces couples là j'ai beaucoup de compassion pour eux, parce qu'on sait ce que c'est).

Une autre connaissance que je cotoyais par le passé, de ma génération, s'est tout de suite mise sur la défensive au moment où je lui en ai parlé (à l'époque où je n'étais pas forcément conscient que parfois on pouvait avoir des difficultés). Sa réponse "pourquoi, t'es de la police ? " m'a choqué, parce qu'elle aurait pu juste me dire "on galère", "c'est en cours" ou "ben non on a pas envie". C'est si tabou/secret que ça que d'envisager de vouloir un enfant ? Je sais pas, dans starshiptroopers il y en a qui vont même faire leur service militaire pour en avoir un, alors... (oui je sais c'est une fiction mais FUCK). Certes, si elle m'avait dit "non, on en veut pas", j'aurai sans doute tâcher de comprendre pourquoi, et peut-être que du coup c'est moi qui me serais mis sur "l'offensive". Je ne sais pas, vu que la conversation a tourné court...

Ce week-end, je n'ai cependant pas, je crois, été capable de trouver les mots justes, plus destinés à ma belle-sœur (déjà au taquet) qu'à mon beau-frère, lui étant bien à cheval sur sa décision : "on verra dans quelques années, lorsqu'on aura voyagé un peu à droite à gauche". Moi qui regrette tellement de ne pas avoir pu être papa plus tôt...

La belle-sœur, elle, m'en veut : "tu te rends compte de la pression que tu nous mets ? Jamais on aura un bébé aussi beau que le tien..."

Voilà, voilà en toute objectivité un sentiment que tu n'as pas lorsque tu n'es pas "parent", se sentir incroyablement fier (parce que les parents sont pas si terribles que ça, objectivement... même le facteur est pas terrible en plus !) que tes gènes aient fait un boulot de dingue, et que ton gamin soit beau et souriant.