Il y a quelques jours, je suis retourné faire un match dans un gymnase, dans lequel je n'avais pas mis les pieds depuis... une éternité.

Tout un tas de souvenirs m'a explosé à la figure.
Des souvenirs d'une époque tellement révolue...
Synonyme de mon arrivée sur la région parisienne, en... 2002 ?
Premier appart, un trou à rat de 15m², que je payais 450€. Le plus difficile était surtout l'absence de parking, les chiottes turques sur le palier, et mon voisin (se disant islamiste, ah ah), bourré H24, et qui tombait lourdement la nuit, juste en face de ma porte, après avoir cherché ses clés et essayé de longs instants à ouvrir sa porte, qu'il claquait aussi fort que possible une fois chez lui.
Je m'étais fait tej de mes colocs, car on avait des modes de vie trop différents (surtout au niveau des tâches ménagères, que je ne faisais pas). Un mal pour un bien. L'asiatique, était instrumentiste à l'orchestre national de Paris, et passait sa vie en déplacement, je me souviens qu'il filait du pognon à ses parents, des commerçants qui galéraient à finir les fins de mois, et qu'il avait le livre qu'avait écrit Jospin sur sa table de chevet (l'année où Chirac faisait face à Jospin). Ce n'est qu'après que j'ai compris pourquoi il était compliqué pour ne pas dire suicidaire que d'évoquer mes penchants politiques avec lui... L'autre coloc lui non plus n'était pas souvent là. Il préparait des concours de piano et vivait des prix qu'il gagnait. Dans sa chambre c'était un défilé de plan cul tous les jours ou presque (lorsqu'il était là). Toutes des musiciennes, qui se refilaient son numéro, et visiblement, toutes avaient droit à l'entrée par la petite porte (c'est en tout cas ce qu'il m'a dit lorsque je lui ai demandé), ce qui m'a toujours interloqué/fasciné (mentait-il ? personne ne le saura jamais...). Je les entendais jouir dans sa chambre qui était collée à la mienne. Pas un mal que je me barre.
A l'époque je jouais à Diablo 2, sur un écran cathodique. En tâche de fond, il y avait iMesh, Napster eMule et Morpheus. Je téléchargeais sans pouvoir m'arrêter tellement je (re)découvrais Internet avec le haut débit. Je venais de plaquer une jeune nana en hypokagne, car je n'envisageais pas vraiment les relations longues distances et de nous voir deux fois par mois. C'était la seconde femme que j'ai eu l'honneur de dépucelé, rencontrée sur caramail. Il n'y a pas de mystère...

Arrivé à paris, je ne savais pas dans quel club aller (vu le grand nombre de clubs au m²), et c'est une petite blonde, rencontrée à un tournoi, qui m'a indiqué son club, dans lequel je me suis inscrit, ayant pour objectif secret de la pécho. Je ne l'ai au final pas eu elle, (son kif c'était les gens n'étant pas de ma couleur de peau) mais une autre, qui était un bien meilleur plan.
Dans mon petit appart nous faisions l'amour, à la manière de mon coloc d'antan. Je la revois mettre sa tête sous l'oreiller lorsqu'elle me faisait signe de terminer l'acte, en levrette.

Je roulais dans une 205 qui perdait de l'huile, et 2 soirs par semaine je galérais à trouver une place aux alentours de chez moi après l'entrainement. J'achetais des packs d'eau gazeuses qui squattaient mon coffre, et que je buvais à l'appart. ça me permettait aussi de... me dépanner lorsque j'avais la flemme de sortir pisser sur le palier (WOUAH mais c'est crade ! ouais mais bon, c'est connu que ce blog est sans filtre, non ? pis bon c'était "dedans" la bouteille... Vaut mieux ça que dans la douche, non ? ). Lorsque je ne matais pas de Divx, je jouais à Warcraft 3 en ligne.
MSN Messenger était mon quotidien. J'ai commencé mon premier blog à cette époque également... Et j'ai également rencontré plein de monde, surtout du mondE, certaines avec lesquels je suis toujours en contact, d'autres pour qui notre relation n'aura duré qu'un mouvement de cil... Des bons, comme des mauvais souvenirs également.

De 4ème remplaçant, je suis passé second titulaire dès le second match, suite à des blessures à la chaîne. Mon amoureuse "de l'est", qui était fiancée et promise à un macho une fois sa saison terminée venait m'encourager les dimanches. On s'envoyait des SMS, vu qu'on ne pouvait guère s'envoyer plus...
Le système de chaufferie des douches du gymnase se mettait à faire un bruit bizarre après quelques instants d'utilisation, ressemblant à des cris de Chewbacca de la guerre des étoiles. 16 ans plus tard, ce bruit est toujours là.

Durant cette période, j'ai brillé. J'ai pleuré. J'ai cherché à exister, comme je le pouvais. 
J'ai fait du banc, victime du favoritisme injustifié du coach. J'ai mis des grosses chiches aussi. 
J'ai pleuré lorsqu'elle est repartie dans son pays, ne sachant pas si elle reviendrait l'année suivante... Elle allait dans un cybercafé pour m'écrire, mais pas trop souvent car ça coûtait cher. Et puis j'ai pleuré lorsqu'elle est revenue, suite à notre rupture, quelques semaines après son retour, n'étant pas assez stable dans ma tête et dans ma vie pour lui offrir ce qu'elle attendait, un enfant. Son voisin de palier, lui était prêt. 

J'ai mordu, jusqu'au sang ou presque, au dernier match de la saison, lorsque pour le fun, mes partenaires m'ont attrapés pour me couper les cheveux. C'était pour de rire, mais j'ai porté des ecchymoses aux bras, aux endroits où ils me tenaient, alors pour de rire je les ai mordu pour me défendre, et je leur ai asséné des coups de pied au visage, lorsque j'étais sur le dos, tenu par les 2 bras, pour qu'ils me lâchent, qu'ils me laissent souffrir et me souvenir à jamais de cette "petite agression" qui n'en était pas une. Je n'ai plus jamais remis un pied dans ce gymnase après ça, et j'ai mis de côté cette période là de ma vie, qui avait ses chouettes moments, et ses moments tragiques.

Et puis vendredi soir, j'y suis retourné. Mon cœur battait fort, de refaire face à ce passé. L'endroit et les environs me paraissaient tellement familier.
L'équipe féminine s'entraînait avant, comme par le passé. Des grandes asperges, pour la plupart de moins de 25 ans. Je ne les avais pas encore lorsque j'y étais "avant".


Après le match, j'ai demandé si "des gens" de l'époque où j'y jouais étaient toujours là. Quelqu'un m'a dit "je te reconnais... Tu t'entraînais avec mon père, non ? "
Wouah. Il avait peut-être 8 ans à l'époque, il en a 24 maintenant.
PAYE TA CLAQUE DANS LES DENTS.

J'ai ressorti les photos qui traînaient sur un de mes albums photos de mon profil FB. Il était là, à côté de son père, et de l'équipe avec laquelle j'ai évolué ces 2 années là.

En me perdant sur mon scooter, en rentrant chez moi, je repensais à cette époque, et à tout ce qui avait changé.
Mon appartement, ma voiture, ma vision de la vie, mon statut de papa, et l'informatique (les cathodiques, MSN messenger et autre caramail, la taille des disques dur, les webcam "SD", outlook messenger), le téléphone (où à l'époque on ne pouvait QUE envoyer des SMS et faire du serpent, voire pour les plus avancés, il était possible de personnaliser sa sonnerie...), et tout le reste.
Je dis souvent que lorsque j'étais arrivé dans cette équipe j'étais le plus jeune, et lorsque je me suis résigné à lever un pied sur la compétition, j'étais le plus vieux, une boucle était bouclée.

Et pourtant... Je suis, j'étais, je serai toujours là.