Après des mois d'attente, ça y est, je suis fixé sur mon sort.
Fin décembre, je dirai adieu à une mission qui aura duré 3 ans et 3 mois.

Un peu comme le sport, dont le premier entraînement aura lieu ce soir, je sors de ma période de confort. "Pour me remettre en danger" avais-je écrit...
Oui, et non.

Il y a une certaine forme d'excitation dans la découverte d'un nouveau taf. Mais parfois on peut rapidement déchanter.
Et puis il y a toujours le fait de savoir ce qu'on quitte sans savoir ce vers quoi on va aller, qui est très angoissant... Ici on joue aux jeux vidéos entre midi et deux, on fait des barbecues entre nous et parfois on va même faire du sport sur l'heure du repas.
Et puis je connais tout le monde, et tout le monde me connaît. Je sais comment travailler pour que tout se passe bien, et les gens savent comment communiquer avec moi pour que je travaille.
Pas de chef relou ou de timing stressant à respecter, ici c'est à la cool. Idem pour les horaires.
C'est bien ça qui m'angoisse, le fait de retrouver un truc qui ne serait plus à la cool, mais qui serait en mode "rush time permanent".

Mais bon, si au niveau du sport le choix m'a été imposé sans vraiment que je m'y attende, ici je savais que ça finirait par arriver, c'est le principe même d'être en société de services, le fait d'accepter de pouvoir changer régulièrement de taf.
Au-delà de l'ambiance générale, de la possibilité de pouvoir continuer librement à facebooker et gmailer entre midi et deux mais surtout entre 9h et 18h, il y a aussi la géolocalisation de mon futur emploi.
On m'a parlé "vite fait" d'un poste pouvant m'intéresser. J'ai regardé où c'était, et j'ai juste pleuré... Aujourd'hui je mets 25 minutes (grosso modo) en 2 roues pour venir tafer, et si demain j'acceptais le poste, là où je bosse actuellement serait le premier tiers du trajet... Je ne parle pas des transports en commun où j'arriverais sur du 1h40 de transport aller, et autant pour le retour (si tout se passe bien hein).
Donc la future réponse si l'on me propose ce poste sera "non, trop loin".
Là, il n'y aura plus qu'à espérer qu'un commercial en face de moi ne me dise pas "tu sais, 1h30 c'est la moyenne du temps de transport que font les gens en IDF. Si tu refuses, ça peut être considéré comme une faute grave... Donc tes mignon, tu dis oui et tu fermes ta gueule"
ça aussi ça m'angoisse.
Parfois, l'employeur (chez qui la mission aura lieu) a plus de jugeote que le commercial, et demande lors de l'entretien : "vous habitez où ? Combien de temps vous mettriez pour venir ?".
Et puis d'ici quinze jours (déjà/enfin) j'aurai un bon argument le matin : "je ne peux pas partir de chez moi avant 8h45, c'est l'heure à laquelle je dépose bébé chez l'assistante maternelle..."

En vrai je suis terrorisé.
Je me rends compte que j'ai bien changé de caractère, et que je suis moins friand comme j'ai pu l'être par le passé de repartir à 0 avec un tableau noir vierge sur lequel je dois tout réécrire. Ici les gens connaissent mon passé (les FC de madame, la sortie de mon livre, mon humour) et mon présent (bébé, mes nuits blanches avec bébé, mes passions pour les talons).
Et puis je n'ai plus grand chose à prouver, ça a déjà été fait. Sans parler des entretiens techniques. ça, ça me fait flipper...
Recommencer à préparer des discussions avec des experts techniques qui me colleront sur des points que je n'ai jamais abordé ou étudié, ce qui me replongera dans la mauvaise conscience sur tout ce temps passé à correspondre/glander/stalkermesexssurlenet/ragersilencieusementsurlesgensdeTwitter/rienfoutre plutôt que d'être curieux, autonome et "autoformé permanent" comme mon taf de programmeur l'exige.
Un poste pour devenir chef de projet ? Pourquoi pas. Le problème c'est toujours qui est au dessus/en face... Tomber sur un connard qui comprend rien aux problématiques techniques qui voit juste l'investissement financier et attend des résultats, et qui met 8 barres de pression sans capter que s'il y a du retard c'est en partie de sa faute. Sans parler des caractériels qu'il faudrait gérer...
Je sais pas.
J'ai fait par le passé, ça s'est bien passé.
Bon à part mon burn out qui s'en est suivi, ma nana qui est devenue mon ex, notre appart qu'il a fallu vendre, l'autre grosse moche qui est arrivée dans ma vie sous la forme d'un mannequin, et le placard au taf dans lequel j'ai fini parce que j'avais pas convaincu mon boss (mais qu'il était pas capable de me dire en quoi je l'avais pas convaincue) : mais le projet a été livré en temps et en heure.
Une lointaine époque ça aussi... il y a 8 ans.
j'avais morflé pour le virage de la trentaine à cette époque... Cette nouvelle vie s'était jetée à mes pieds, sans que j'ai rien demandé à personne... Moi qui attendais juste paisiblement que madame tombe enceinte...
Et pan, Monsieur est cocu, il faut revendre l'appart est tout reprendre à zéro.
Génial.

Ce soir donc, sport pour me changer les idées.
Je suis tellement zen que j'en ai rêvé toute la nuit de ce premier entraînement dans une nouvelle équipe.
Sachant que c'est assez débile d'angoisser comme je peux le faire... Le coach m'a vu joué, il me connait car il m'a vu évoluer plus d'une fois dans le championnat, c'est pas "au dessus de mon niveau", alors quoi ?
Je sais pas. La peur de me rendre compte qu'une année de plus au compteur rend les choses d'autant plus dures. CMB.
Sans parler des petites nuits qui se multiplient depuis bientôt 6 mois et qui font que je suis pas au mieux de ma forme.
6 mois déjà. Wouah.

Sans parler de l'appréhension de "m'absenter 2 soirs par semaine" en "abandonnant" madame, seule avec bébé, alors que je pourrais l'aider à s'en occuper. Surtout si c'est une soirée de merde comme hier, ou bébé a décidé que non il dormirait pas de 20h30 à 6h comme tous les jours, mais qu'il resterait éveillé (en mode pile électrique ingérable) de 21h (après 30min de dodo) à 23h30, en rendant fou ses parents, avant de s'endormir sur son bib.
Par moment je comprends mieux l'égoïsme de mon père, qui préférait consacrer du temps pour lui plutôt que pour sa famille ou ses enfants (surtout moi), lui qui passait sa vie la tête dans ses projets perso mais toujours pro (c'est l'avantage lorsqu'on est profession libérale, il n'y a parfois pas vraiment de frontière entre le perso et le pro...)
Lundi soir je verrai pour la dernière fois ma psy, faute de budget à cause de l'ass mat. Je sais pas si c'est une bonne idée, mais une fois de plus : pas le choix. N'étant pas encore rentier ou écrivain célèbre qui touche masse de thunes, il faut faire des croix sur certains luxes, elle en faisait partie.
Elle a demandé à ce qu'on se voit une dernière fois, pour faire un bilan (lundi prochain donc).
Je doute que ce bilan ressemble à celui que je m'étais imaginé dans mes fantasmes lubriques que j'ai pu avoir avec elle (car oui, ma psy m'a toujours fait fantasmé malgré le fait qu'elle n'ait jamais porté autre chose que des gros collants noirs, son côté "godiche un peu perchée à côté de ses pompes", grande et mince (et maman)).
Je ne lui ai jamais dit. Je ne pense pas que je lui dirai, ça risquerait de tout gâcher.

Je crois que la rentrée pour moi n'aura jamais été aussi différente que les précédentes années.
Thats life.