11 chapitres à écrire, 5 à réécrire.
Voilà le bilan de mon été.
Enfin oui et non, j'ai appris d'autres choses : un bébé à 5 mois à la plage ça sert à rien, et faire l'amour dans une douche à l'italienne c'est cool et possible, même si madame a des pertes.

Tout ça est passé bien trop vite (pas la douche hein, les vacances). Je voyais ça avec énormément d'angoisses, comme d'hab, mais dans l'ensemble ça a été cool, même si pour le coup je regrette de ne pas avoir pu plus profiter un peu plus de ma famille.

Durant les premiers échanges avec une partenaire éventuelle, il devrait y avoir la question : "passer des vacances en famille ça veut dire quoi pour toi ?".

Ma sœur a corrigé mon manuscrit, dans sa 3ème mouture, me donnant suffisamment de grain à moudre pour en faire une 4ème. Elle se proposait de m'aider à le recorriger une fois qu'il serait réécrit, allant même jusqu'à réécrire certaines phrases.
Mais le délai chez elle, c'est compliqué (Déjà qu'elle aurait du profiter des 2 semaines de congés avant qu'on se voit pour le finir, mais qu'elle l'a au final terminé vite fait une fois sur place, limitant le temps imparti pour trouver de nouveaux éléments de scénarii crédibles...)
"Une correctrice me ferait ça en 2 semaines pour 700€".
- je te le fais pour moitié moins, me propose t elle.
"Et niveau délai ? "
- Tu tolères combien de temps de retard à ces 2 semaines ?

Elle n'arrive pas à comprendre que contrairement à elle qui veut attendre sa retraite pour écrire ses romans, moi je cours contre le temps, j'ai mis du temps à écrire alors il faut que ça avance rapidement maintenant. C'est pas comme si j'étais sur ce projet depuis 2014... Pas forcément non plus envie de la presser tous les jours en mode "t'en es où ? ".

Le retour au taf a été compliqué.
Essentiellement parce que je n'avais pas grand chose à y faire. Les prochaines semaines ne s'annoncent guère plus remplies, ce qui me laisse pas mal de temps pour écrire (si encore j'avais la motivation), me laisse supposer un prochain changement de mission. Raison de plus pour clôturer ce projet artistique avant d'arriver dans une nouvelle boite, dans laquelle il me faudra un peu de temps histoire de faire mes preuves, avant de recommencer à glander.
Une des rares raisons pour laquelle j'ai apprécié de revenir bosser, au delà des collègues qui dans l'ensemble sont plutôt bons délires, (et parce que les travaux chez moi donnent pas vraiment envie d'y passer ses journées tellement c'est bruyant) c'est parce que j'ai plus à entendre bébé qui chouine (malgré le fait qu'il grandisse bien et soit adorable lorsqu'il rigole, mais tellement relou lorsqu'il chouine) bébé qu'il faut occuper (et ce syndrome en mode "je suis un papa indigne lorsque je suis sur ma tablette au lieu de profiter de lui), et la maman de bébé qui peste dès le matin sur bébé parce qu'il n'a pas d'appétit (ben oui là il fait ses dents...), ou qui me demande "je lui mets un sweat pour sortir ou pas ? " et autre "je lui mets une gigoteuse ou juste le pyjama pour cette nuit ? " comme si j'avais la réponse en tête.
Elle sait bien nager mais pourtant, c'est la championne pour se noyer dans un verre d'eau putain. Pourquoi je suis pas tomber sur une meuf sûre d'elle ? Elle aurait apporter un peu de sérénité à notre couple...
Dans quelques semaines, la maman aussi reprendra le boulot après son long congé mat de presque un an, ce qui voudra dire changement de rythme de vie, avec les matins durant lesquels je devrai amener bébé chez l'ass mat (et donc me lever une heure plus tôt pour gérer le transfert de bébé de la part de la maman qui part tôt...).
j'angoisse déjà à l'idée d'y penser.

ça plus le sport, et cette nouvelle équipe dans laquelle je vais commencer à jouer d'ici une semaine. Je ne pourrai sûrement plus aller vider mon sac 2 fois par mois chez la psy, "budget ass mat" oblige venant sévèrement creuser dans mes finances, et qui ne me permettra plus de prendre 100€/mois pour moi. Lundi prochain risque d'être ma dernière séance... c'est triste.
Peut-être que si j'étais pas propriétaire, j'aurai plus de sous pour en profiter ? (oui c'est une dédicace pour toi... madame bim!)

Je me sens perdu dans toutes ces angoisses autant que régénéré par ces vacances, prêt à aller de nouveau de l'avant. Hier j'ai couru avec des collègues de taf entre midi et deux, et j'ai été ravi de voir que 3 petits jeunes (dont le plus jeune est né l'année où je passais mon bac...) étaient bien derrière moi en mode "fin de leur vie". Alors certes, ils ne courent jamais ou rarement du coup l'âge ne joue pas uniquement, l'entrainement joue pas mal... Mais pour le coup, niveau égo ça m'a fait du bien de voir que malgré mon âge avancé et avançant, j'étais toujours là physiquement, et ce malgré mon bide dont je sais maintenant que je m'en débarrasserai sûrement jamais.

Comme tous les ans revient à cette époque le fameux questionnaire au sujet de mon taf, qu'il faut remplir : "qu'avez vous fait, que faites vous, et que voulez vous faire" imposé par ma boite. Rien de pire comme exercice pour un zèbre en plein syndrome de l'imposteur.

Chaque année, rythmé par une nouvelle rentrée qui rappelle que le temps passe, reviennent les mêmes questions et autres angoisses, pas envie de regarder ce que j'ai fait, ni même ce que j'ai envie de faire, car de toute façon, à quoi bon, lorsque je serai en intercontrat on me mettra au premier poste disponible, alors pourquoi se prendre la tête à cogiter sur ce que je veux vraiment ?

Au mois d'octobre, cela fera 3 ans que je suis là où je suis. 3 ans que tous les 3 mois, on prolonge ma prestation. Comment se projeter lorsqu'on est incapable de savoir ce qu'on fera dans 3 mois ou en se rendant compte que 3 ans plus tard, on a pas bougé ? Certes, c'était aussi parce que je le voulais bien, car là où je suis c'est une bonne planque.
Mais le Gepetto sur mon épaule gauche me souffle sans cesse : "tu te doutes qu'un jour, tu vas payer tous ces mois planqués là où tu es... Et tu te diras putain, mais qu'est ce que j'ai pu glander tout ce temps, alors que les technologies, à côté de moi, elles continuaient à galoper... ". Ce jour là, j'irai me jeter sous un camion.

Ah merde, j'oubliais, je peux plus maintenant que j'ai un bébé... Ra, putain de vie.