Très régulièrement je fais le tour des blogs, recensés dans les nouveaux blogs "canalblog/journal intime".
Je m'abonne à environ 1 sur 10, et environ 1 sur2 n'est plus alimenté quelques jours plus tard. Je doute que ça ait un rapport cause conséquences...
Souvent, j'en conclue que la personne derrière son ordinateur, avec du talent potentiel (sans quoi je ne m'y serais pas abonné) cesse d'écrire, blasé de voir que personne ne le/la commente, sans que rien ne soit fait de son côté. Parfois je me crois sur skyblog lorsque la note est du genre "Salut, bon ben j'ouvre un blog. Je sais pas quoi écrire. Si vous avez des questions posez les lol ! ".

Ecrire pour être lu, écrire pour avoir du succès.
Ecrire pour avoir une impression d'exister.

Je ne peux pas dire que je désapprouve totalement ce concept, sans quoi j'écrirai sur un simple fichier word juste pour moi, et puis basta.
Non, ce qui me dérange, c'est ce côté "écrire ET AVOIR DES VISITES/COMM/PING POUR EXISTER".
Certes, par le passé, "il y a 12 ans de cela #vieuxever" c'était simple, car les gens prenaient le temps de raconter des choses, et leur quotidien n'étaient pas envahis par des instagram, twitter, vlog et autre délires "putaclic" ou c'est plus simple de mettre un pouce en l'air que de balancer 3 mots.

Et que dire de ces gens qui laissent (encore)(sûrement volontairement) la fonctionnalité "n'afficher que 10 lignes" sur leur blog...
Je ne sais pas, j'ai du mal à adhérer. ça fait trop "j'écris avec un désir VIOLENT de reconnaissance ET POUR SAVOIR qu'on me lit et ce qu'on lit".

Sur Instagram, pas mon officiel hein, mon officieux, où il y a 100% de comptes d'inconnues NSFW, je viens de tomber sur le post d'une nana (qui poste des photos de ses dessous) qui se plaignait qu'elle avait genre 2000 abonnés, et à peine 100 likes à chaque photos, et envisageait de se débarrasser des followers "fantômes". Pauvre petite chose...
Ce qui me fait sourire (au delà du coup de gueule), c'est que j'imagine bien la nana, déjà tellement flattée par son égo d'avoir autant de followers, s'en débarrassent, pour ne garder que les "gentils" qui likent régulièrement et qui lâchent des comms à qui elle peut répondre.
"Ah ben oui, mais si je dégage ceux qui likent pas, je risque de perdre 9/10ème de mes followers... Qu'est ce que je fais ? Bon tant pis, je les garde..."

Je suis liké donc j'existe.
Je ne vis qu'en me masturbant devant mes stats.
Surtout si je suis "youtubeur pro". Sans doute une des raisons supplémentaires qui me fait détester ce nouveau métier... "Et surtout n'oublie pas de mettre un petit pouce en l'air et de t'abonner à mes vidéos ! " comme ça ça me rapportera de la thune !
Ou pas.

A un de ces commentaires, il y avait un autre instagrameur qui lui a répondu : "nous on te like souvent mais toi tu nous likes jamais ! ". Ah ah. Powned.
Moi je moi je. Youpi. Bienvenue dans l'ère de la communication nombriliste.

Dans cette vie, tu es exhib ou voyeur, mais rarement les 2.
Ou alors, pour faire plaisir à ceux qui te commentent/likent (si t'es exhib, j'entends)...
Tu espionnes compulsivement les murs FB de tes amis, mais t'écris rien parce que ta vie est inintéressante, et faudrait pas que les autres la lisent...

Lorsque je vois ma copine passer ses journées sur Instagram (perso, je n'y reste qu'une ou deux minutes entre 2 compilations de mon code, guère plus)... J'avoue ne pas bien comprendre. Des bloggeuses de mode, des #foodporn, des idées déco... 98% d'inconnu(e)s. Et toute à l'heure, j'ai même vu qu'elle a commenté une photo ! D'une amie commune... (enfin un des miennes qui est devenue une des notres du coup). Commenter une photo insta... Le truc qui ne me viendrait pas à l'idée...

Et il y a ces blogs, tous ceux que je suis (à peine une poignée...), parce que malgré tout il y a toujours un ou deux trucs intéressants (quoi que) ou parce qu'ils son bien écrits, qui s'inventent du contenu avec des notes récurrentes hebdomadairement... Ou comment se créer une contrainte pour écrire sans vraiment de motivation, mais juste par plaisir de savoir qu'on sera lu, et/ou donc par bonheur de savoir que son égo sera flatté de savoir que des inconnus pensent à nous et peut-être lâcheront un commentaire ou un like.
Je crois que je préfère les gens qui cessent d'écrire, plutôt que ceux qui écrivent sous une contrainte qu'ils s'imposent.
Et que dire de cette nana (dont je tairai le nom), qui est célibataire depuis des années, et qui poste régulièrement les "premières phrases" de prétendant potentiels sur adopte, prétendants qu'elle repousse régulièrement : ben oui, si jamais ça le faisait, ça ferait un sujet en moins pour alimenter son blog hein !

Même Twitter, moi qui pourtant ADORE raconter ma vie, j'ai du mal.

J'ai bien sûr un compte (mon compte d'auteur à vrai dire, pas de compte perso) via lequel je suis quelques personnes. Souvent je rage en les suivant.
J'ai envie de prendre un masque de Haters, et de déverser ma haine (ce que je ne fais pas hein, parce que je préfère troller dans mon coin, sans faire de mal à personne).
Genre "on s'en bat la race" (même si pour le coup ils ont le droit d'écrire des trucs insipides, regardez cette note...) et autre "mais tu crois que ça intéresse du monde que tu te masturbes devant les produis Apple seriously ?".
Mais ils récoltent des likes. Des "bébés" influenceurs.
Le genre de personnes qui ne répondent pas lorsqu'on les commentent, ce qui donnent d'autant plus un truc rageant lorsqu'on est voyeur... on est voyeur, parfois commentateur, mais on n'existe pas, vu que les gens ne répondent pas à nos commentaires. On est "la plèbe".
Ils ont leur petit monde de followers, postent ou "RT" compulsivement une dizaine de fois par jour, et ont l'impression d'exister parce que leur tweet est liké une petite cinquantaine de fois.
Bravo, tu es liké donc tu existes, c'est bien.

Moi je rage, tapi dans mon anonymat, mais je m'en fous, au moins j'écris ce que je veux. Même si ce que j'écris est blessant ou peu choquer.
Même que je ne finis pas par un "Et vous ? " et autre sujet, parce que ça fait vraiment trop "JE VEUX UN COMMENTAIRE SILVOUSPLE !!!! ".


Non, sur mon blog, si t'as envie de commenter, tu commentes, voilà. Stout. C'est pas l'objectif premier de ce blog. 

Sur ces belles paroles, je retourne stalker mes exs. Salut.