21 novembre 2017

Tribulations d'une grossesse dans un immeuble en cours de ravalement.

C'était hier soir, soir durant lequel il fallait descendre les encombrants, moment également opportun pour vider les derniers déchets de nos balcons qui devront par la suite être totalement vidés, afin d'être totalement défoncé (retrait du carrelage) puis verni. (ce qui va nécessiter des trésors d'organisation, étant donné qu'il y a au total 20m² grosso modo de surface de balcon, et qu'on a pas de cave...)
1 an de travaux, 6 mois de chaque côté (enfin ils font par 2 côtés en fait).
Je vous passe le coût, mais ça fait bien mal au cul. Genre une demi année de mensualité.

Je fais donc un premier a/r vers mon trottoir après avoir rempli le "chariot de course" (diantre, je savais pas que ça s'appelait comme ça... ça fait vieux j'avoue, mais ça permet d'aller faire les courses à pied, et ça en région parisienne, c'est priceless) des chutes du plancher qu'on a refait il y a quelques semaines. J'ai peur de l’abîmer et ça n'a pas loupé, en le vidant je fends une petite partie du haut. Bon, thats life. ça vaut 20 euros, j'irai en acheter un autre.
Je remonte, montre un peu honteux à ma moitié ce que j'ai malencontreusement fait, comme un gamin avouerait à ses parents qu'il a cassé un verre. Je la sens bouleversée, alors que bon, ce n'est qu'un caddie quoi.
Elle m'indique ensuite ce que je dois descendre pour la seconde fournée. Il y a plusieurs sacs, les restes de terre des pots qu'on a du vider le temps qu'ils soient à l'intérieur, et d'autres résidus, dont son ancien appareil photo, un bridge de chez Canon qui ne fonctionne plus.
Enfin, plus très bien.
- Tu veux vraiment le jeter ? lui demande-je
- Tu veux que j'en fasse quoi...
- J'en sais rien, le revendre ?
- On ne peut plus faire la mise au point, une fois sur 2 la molette tourne dans le vide... Il y en a pour 300€ de réparation, et le machin à une dizaine d'années...
- Oui mais bon, je suis sûr que ça intéressera quelqu'un !
Je la sens s'effondrer.
- Tu veux que j'en fasse quoi ?
- Je sais pas, le mettre sur le bon coin ?
- J'ai pas le temps de le mettre sur le bon coin...
Pour rappel, elle est en congés maternité depuis maintenant 2 semaines, et galère à occuper ses journées. Je bugge. Je n'ai qu'une envie, c'est de lui dire... Mais je ne dis rien... J'y vais en mode diplomate :
- Ben écoute laisse le moi, je me chargerai de l'annonce.
- En plus il faut que je retrouve les chargeurs, le mode d'emploi etc, j'ai pas le temps
- Mais on s'en fout de ça, tu dis vends bridge canon à 50€, sans rien, avec un truc qui fonctionne pas très bien, on te le négocie à 40€ et basta !
- ...
Résigné, j'abdique.
- Bon ok tu as gagné, on s'en débarrasse.
- Non c'est bon, je m'en occuperai termine t elle, en galérant à lui trouver un emplacement temporaire dans lequel il restera un an si ce n'est deux ans.
Je regrette à ce moment là de ne pas être (ou plutôt de ne jamais avoir été) sous anti-dépresseur...

C'était l'épisode des encombrants.
Ce matin avait lieu la réunion de chantier de l'avancement du ravalement des balcons de notre immeuble, à laquelle participe ma moitiée, d'une parce qu'elle s'est faites bouffer le cerveau à la dernière réunion de copro (comme quoi il manquait des bonnes volontés pour faire tourner le truc), de deux parce que bon, elle a le temps (même si parfois elle semble ne pas vouloir l'accepter...).
Nous croisons une voisine de notre palier, elle aussi dans le conseil syndical, qui nous confie qu'il y a déjà eu par le passé des dégâts des eaux avec la voisine du dessus, et que l'origine n'a au final jamais été vraiment établi. Je repense à cet échange de mails avec le précédent propriétaire, dans lequel je lui posé cette question, il s'était montré bien trop évasif, et un peu insultant "physiquement, lorsqu'il y a une fuite, ça vient d'en haut. "
Merci monsieur ducon, la prochaine fois que j'aurai besoin de rien je t'appellerai.
ça lui aurait écorché le cul de m'expliquer CONCRÈTEMENT ce qui s'était vraiment passé ? Bref.

Le responsable du syndic en a profité pour nous demander comment évoluait le dégât des eaux : "la voisine a réparé la fuite". Il s'est montré rassurant (ou pas) : "méfiez vous si ce n'est pas une entreprise qui s'est chargée de la réparation".

Ah ah. Nous voilà parfaitement serein maintenant, vu que c'est "monsieur papa le relou de la perceuse h24" qui s'est occupé de le réparer (et que ce n'était qu'un tuyau qui n'était que mal vissé...)
Les experts de l'assurance doivent venir dans quelques semaines vérifier les dégâts chez nous, et que la fuite a bien été réparée au dessus. Espérons déjà que la voisine du dessus sera là (mon mail la prévenant de ce rdv est resté sans réponse... ) et que la fuite sera bien réparée, jusqu'à ce que la prochaine est lieu (sent-on une pointe d'angoisse dans cette phrase ? )
Le chantier du ravalement des balcons est plutôt positif, mais après jugement des travaux, les gardes corps vont être totalement (et en totalité) remplacés.
Point positif, car ça donnera de la plus-value à l'appart.
Point négatif... ça risque de prolonger les travaux. Et on appréhende sérieusement.

On ne peut s'empêcher, la miss et moi, de se dire "putain, le meilleur moment pour être enceinte et en arrêt quoi... Pendant des mois avec des travaux toute la journée... le pied. " Et puis de ce qu'on nous en a dit, lorsque ce sera de l'autre côté de l'immeuble, on l'entendra de la même manière... (ok, peut-être un peu moins ? )
Forcément, on se demande à quel point en seront les travaux lorsque la miss accouchera (et qu'elle retrouvera du temps AH AH, désolé).
Est ce que ça sera assez calme pour que bébé puisse faire ses nuits ? et surtout ses journées ?
Si aujourd'hui, il n'est pas envisageable que la miss se repose toutes ses journées ailleurs que dans l'appart (la voiture n'est plus trop recommandée, et je ne parle pas du train)(et la question de la localisation se pose..; chez sa mère ? sa craint. Chez ma mère ? c'est ma mère...), peut-être faudra t il l'envisager lorsque bébé sera là, et que donc il sera possible de le transporter. De LES transporter.

Une autre voisine de palier, locataire elle, se retrouve elle avec son balcon et ses 12m² recouverts de bois de Teck (ça plus un ensemble tables/4 chaises) à ne pas savoir qu'en faire. En mode ragots, ma copine a eu la réponse, de sa propriétaire : "vous n'avez qu'à le stocker ailleurs. " (rappelons que ni nous ni elle n'avons de cave) (si elle a pas été assez clair, en gros ça voulait dire : "démerdez-vous ! Bisous.")
Il est probable que les ouvriers vident ce balcon, et que ça nous soit facturé.
BIEN EVIDEMMENT.


Parfois, j'ai envie de tout plaquer, pour aller vivre dans une petite maison avec un jardin, un bouvier bernois et un chien, loin de la région parisienne et de ses tarifs exorbitants du m².
Et puis je me demande "où partir" (incluant la problématique boulot, qualité de vie, pollution, richesse culturelle, transports, sécurité, éloignement de la famille/belle famille, etc...).
Je me souviens alors que choisir, c'est renoncer.
Alors je ferme ma gueule, en continuant à payer avec ma moitié mon crédit de 2000€/mois : "plus que 20 ans".
En me disant que dans un an, on aura un appartement tout neuf, un balcon tout neuf, un plafond de salon et de salle de bain "sec" et neuf, un bébé tout mignon (qui sera peut-être devenu sourd ?..) qui dormira dans la pièce d'à côté (qu'on a refait), qu'on aura toujours un bridge canon avec une molette qui marche plus à vendre, et que ça sera le meilleur moment pour vendre (l'appartement hein, pas l'appareil photo).

Posté par 36ansbientot40 à 14:56 - Commentaires [0] - Permalien [#]