Un dégât des eaux c'est moche. Vraiment.
L'eau en plus de pénétrer dans les murs, pénètre dans l'âme de ceux à qui ça arrive, les glaçant en permanence.
Paye ton image. #auteur.

C'est un peu comme voir une maladie grignoter un proche, proche qui refuse de se soigner, ou qui refuse d'accepter sa maladie, ou qui doit attendre que le traitement mette un certain temps pour agir.

Si les vacances ont été merveilleuses, le retour à l'appart a été violent. Saisi par une drôle d'odeur (enfin de drôle elle n'avait que le nom) on a rapidement identifié le coupable : la plainte murale près de la salle de bain, donnant sur le salon, suintant des gouttes brunatres. Une étrange mousse s'était dessiné sur le parquet brut, les conséquences de 2 semaines sans essuyer les gouttes d'infiltration.
Un seul cri d'angoisse : visiblement, la fuite du dessus n'est pas unique, il y en a d'autres...

Mail à la voisine et au syndic en copie. La terre entière en copie, assurance ou président de la république, au cas où, mais rien n'avance... jusqu'à ce que le syndic m'appelle, une semaine plus tard.
Le plan était simple, qu'une seconde recherche de fuite ait lieu, pour attester de l'augmentation des dégâts... Par le même plombier, ou par un autre, dès lors que le syndic prenait en charge cette intervention.
Sauf que le syndic ne peut pas. Et que la voisine ne voulait pas avoir à déverser le moindre sous. Forcément, ça coûte une recherche de fuites. Alors certes elle est propriétaire de son bien (offert par papa maman), travaille en tant que conseillère en banque, et pourrait participer aux reines du shopping tellement elle a l'air d'être une fashionista mais au-delà de ça "elle a des oursins dans les poches" m'a indiqué le syndic. Bilan, c'est nous qui prendrons cette recherche de fuite, le plus tôt possible histoire d'avoir l'impression d'être dans l'action, car l'inaction tue, c'est bien connu.

Cette sale histoire me fait passer totalement à côté de la grossesse de ma copine.
Dans 10 jours, soit le 1er septembre on devrait sortir de la zone "à risques", symbolisée par l'écho des 3 mois. On continue à croiser les doigts même si jusqu'à présent, les signes sont finalement plutôt bons. Enfin moins alarmants qu'ils ont pu l'être en début de grossesse.
Je pourrais cogiter sur la couleur de la chambre ou le modèle du berceau mais mes tracas du moment sont d'éponger ces gouttes qui suintent sans répit le long de nos murs, et de compter les cloques qui se multiplient au plafond de la salle de bain et du salon, en espérant que le parquet brut ne gonfle pas... Je crois en toi petit parquet.

L'inaction tue, c'est bien connu disais-je.
Depuis mon retour de vacances je galère sur un problème "de code" que j'ai fini par résoudre, après une semaine de travail intensif. Résoudre un problème de ce genre est à peu près aussi jouissif que de passer un niveau à Candycrush sur lequel vous êtes bloqués depuis 3 semaines.
J'ai envie de dire à mon chef, lorsqu'il me dit "tu as été voir machin et machin ? " que les 2 sont totalement dépassés par le langage sur lequel je bosse, et qu'ils ne m'aideront en rien, je suis seul (et contre tous) sur ce plateau à bosser dans ce langage, ce qui ne me facilite pas la tâche.
Parfois, pour ne pas dire souvent je doute de tout, et surtout de moi. Je frétille intérieurement à l'idée d'aller me montrer ce que j'ai dans le bide dans des émissions où il faut survivre à poil 21 jours durant dans un milieu hostile : "Retour à l'instinct primaire".
J'y pense, et puis je me dis que finalement je suis pas mal enroulé dans ma couette, à entendre ma moitié ronfler à côté de moi.
A côté de ça, mon chef m'a annoncé qu'il allait parler à sa chef de m'embaucher en interne, ce que j'attends après 2 ans de prolongation de mon contrat tous les 2 mois. Preuve que je ne suis pas si mauvais... Juste je pars en live lorsque je bloque.
La peur de dépasser niveau timing dans les délais qui ne me sont pas fournis (puisqu'il n'y en a pas...)

J'ai enfin publié mon annonce suite à ma 8ème composition que j'ai réussi à écrire. Il m'aura fallu 8 mois pour les écrire, soit une moyenne d'1 mois par compo. Pas mal non ?
L'annonce est atroce. En gros, un peu comme une annonce sur un site de rencontre matrimonial, ligne après ligne je sélectionne un peu plus le musicien que j'aimerais avoir, celui qui n'existe pas : qui joue bien, a une vie stable et posée, connait ses morceaux en venant aux répèts, et vit du bon côté de Paris. Et qui aime MA musique.
Les stats de mon soundcloud ont décollées depuis que j'ai posté cette annonce pointant vers celui-ci, mais je n'ai aucune réponse depuis samedi (ok cela ne fait "que 4 jours"). Les gens écoutent mais ça ne leur plait pas.
Je me dis que c'est parce que mes créations musicales sont mauvaises, mes paroles sont nulles, parce que je chante en Français, que mon style est trop personnel, et subjectivement je me dis que "le monde n'est pas prêt à écouter mes oeuvres".
J'ai envie d'en finir avec la vie quand je pense à ça.

Et puis je reçois juste après une chronique de mon livre où je lis les mots "auteur talentueux", "histoire bouleversante", et "histoire passionnante". Je me dis que c'est moi, que c'est mon histoire, que n'importe qui n'aurait pas pu l'écrire.

Et puis je me souviens que je n'ai pas écrit grand chose, je n'ai fait "que" raconter quelque chose que j'ai vécu, un peu comme si j'avais mis au goût du jour 2 ans de blog.

Alors je retourne jouer à Candycrush, en espérant passer ce putain de niveau, en regardant mon mur cloquer, pendant que ma copine dort, épuisée par les nausées et sa grossesse, devant RMC Découverte.

Je vais finir par me shooter aux antidépresseurs ou aux stabilisateurs d'humeur si ça continue.

Vivement les vacances, vivement la retraite, vivement demain.